Quel statut juridique pour un rédacteur web ?

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Pour devenir rédacteur web, il faut créer son entreprise. Dit comme cela, ça paraît évident. Pourtant, beaucoup espèrent pouvoir exercer le métier de rédacteur web sans passer par cette étape. Même si cela est tout à fait légal, les limites vont vite s’imposer d’elles-mêmes. Si vous voulez faire les choses bien, et faire de la rédaction web votre métier principal, il va falloir choisir un statut juridique. Croyez-moi, ce n’est pas une mince affaire. Il est important de bien comparer toutes les solutions possibles. Voici un petit guide des différents statuts pour un rédacteur web.

La micro-entreprise : le statut juridique les plus prisé des rédacteurs web freelance

Dans la plupart des cas, lorsque quelqu’un souhaite devenir rédacteur web professionnel, la création d’une micro entreprise vient en premier. Et pour cause, c’est le statut juridique le plus simple. S’inscrire en tant qu’auto-entrepreneur est facile et rapide, et ne demande que peu d’informations. C’est presque effrayant de facilité de se dire qu’on peut créer une auto-entreprise en 3 clics sur le site de l’URSSAF. Il suffit de se rendre sur le site des auto-entrepreneurs, et de suivre les étapes de création d’entreprise.

Les avantages de l’auto-entreprenariat

Les intérêts de choisir la micro-entreprise sont nombreux, et font souvent pencher la balance :

  • Une simple déclaration mensuelle ou trimestrielle de votre chiffre d’affaire sur le site dédié
  • Aucun frais, mais un seuil maximum de CA par an : au-delà de 33 200 €, vous serez soumis à la TVA, et si vous dépassez 70 000 € HT, vous devrez changer de statut.
  • Des charges sociales à 22 % maximum
  • Possibilité de bénéficier de l’ACRE, qui permet de réduire les charges sociales les 3 premières années d’exercice (sous réserve d’une modification de l’aide, prévue dans les jours à venir, un article est à venir)

Les éléments de la micro-entreprise à ne pas oublier

Si les avantages sont certains, il est toutefois important de prendre connaissance des particularités du statut d’auto-entrepreneur :

  • La couverture sociale est réduite au minimum quand on est à son compte.
  • Pas de mutuelle : si vous souhaitez couvrir vos dépenses médicales, il faudra souscrire personnellement à une mutuelle.
  • Pas de congés payés : quand vous ne travaillez pas, vous ne gagnez rien. Donc si vous prenez des vacances, soyez sûr d’avoir la trésorerie nécessaire.
  • Vos biens personnels peuvent être saisis en cas de problème avec votre entreprise. C’est un critère important à prendre en compte, surtout si vous n’êtes pas le seul membre de votre foyer.
  • La CFE : la Cotisation Foncière des Entreprises est obligatoire et basée sur les biens soumis à la taxe foncière. Que vous soyez à votre domicile ou dans des locaux, vous devrez régler la CFE tous les ans (il y a une exonération pour la première année).
  • Les impôts : ils sont à comptabiliser en plus de vos cotisations, et à déclarer annuellement.
  • Le chômage : lorsqu’on est auto-entrepreneur, nous ne cotisons pas pour le chômage. À la fermeture d’une micro-entreprise, on ne peut prétendre à l’ARE. Il y a toutefois la possibilité de toucher, sous certaines conditions, l’allocation des travailleurs indépendants.

La liste des points plutôt négatifs est plus longue que celle des avantages. Pourtant, il est indéniable que c’est le statut juridique le plus facile et le plus avantageux pour un rédacteur web débutant.

Vivre de la rédaction web grâce au portage salarial

Avec ce statut juridique, vous êtes salarié d’une entreprise, mais vous gérez votre activité en toute autonomie. À vous de vous débrouiller pour trouver vos clients, démarcher, exécuter les commandes que vous recevez. Mais au final, c’est votre employeur qui vous rémunère.
Cette relation tripartite entre le rédacteur, la société de portage salarial et le client laisse une très grande liberté au professionnel de la rédaction web.

En facturant à vos clients par l’intermédiaire de la plateforme de portage salarial, vous optez pour une facilité de gestion. En effet, c’est l’entreprise de portage qui s’occupe de la facturation, mais aussi des déclarations à l’administration fiscale. Le régime du portage salarial est parfait pour les phobiques administratifs ! Comme tout employeur, l’entreprise s’engage, par ailleurs, à fournir une assurance de responsabilité civile et professionnelle, et à offrir un accès à des services d’accompagnement et de conseils. Sans oublier tous les avantages qu’engendre le statut de salarié (le chômage, les congés payés et la couverture médicale, entre autres).

C’est également une très bonne option pour les rédacteurs web débutants qui souhaitent tester leur activité avant de se lancer pleinement dans la création d’une entreprise.

Bien sûr, cela a un coût qu’il est important de connaître. L’entreprise de portage salarial se rémunère en prélevant une commission sur chacune des prestations du rédacteur web. À cela s’ajoutent les cotisations sociales et patronales, ainsi que la TVA. Au final, près de 60 % du montant perçu pour une prestation partent dans ces différentes charges.

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Devenir rédacteur web par le biais d’une CAE

Dans le cadre de la Coopérative d’Activité et d’Emploi, le rédacteur web est entrepreneur salarié. Dans un premier, une convention d’accompagnement est signée. Pendant cette période test, le rédacteur garde son statut précédent et bénéficie d’un accompagnement personnalisé. Dans un second temps, une fois que le chiffre d’affaire est plus conséquent, il signe un CDI avec la coopérative et devient son salarié.

La coopérative lui verse alors un salaire mensuel basé sur le chiffre d’affaire prévisionnel du rédacteur, duquel seront déduits les charges sociales et les frais de la coopérative (entre 10 et 20 %).

Le rédacteur web reste libre de gérer son activité comme il le souhaite, de prospecter, et fixer ses tarifs seul. Il n’y a pas, à l’inverse du portage salarial, de relation tripartite. En effet, le client du rédacteur web n’est jamais en contact avec la coopérative. Le professionnel de la rédaction est seul à gérer sa relation avec le client. Une fois la prestation terminée, il facture avec les coordonnées de la coopérative, mais c’est bien lui qui gère la facturation et l’administratif.

Le régime de la CAE est très intéressant pour les rédacteurs web débutants qui veulent s’assurer un salaire mensuel minimum, et tester son activité.

Le salariat : le statut juridique sécurisant pour le rédacteur web

De nombreuses entreprises choisissent d’embaucher un rédacteur web plutôt que de sous-traiter. Choisir d’être rédacteur web salarié est donc tout à fait possible. Vous signez alors un contrat du type CDI ou CDD et faites partie intégrante de l’entreprise.

Le rédacteur bénéficie alors de tous les avantages du statut de salarié, ce qui est très sécurisant pour beaucoup de professionnels.

Si les revenus, les congés payés, la protection sociale ou encore le chômage sont assurés, il y a toutefois quelques petits éléments moins avantageux qu’un autre statut. C’est le cas notamment du salaire. Un rédacteur web salarié a un revenu mensuel négocié à la signature du contrat. Ce salaire est souvent bien moins élevé que le chiffre d’affaire que peut encaisser chaque mois un rédacteur web freelance qui se débrouille bien dans sa négociation et son démarchage.

En plus de cela, les thèmes de rédaction peuvent être très redondants selon l’entreprise qui embauche. Si la spécialisation est votre truc, c’est parfait. Si vous aimez rédiger sur de nombreux thèmes, vous risquez de vite vous ennuyer.

Mais il est indéniable que le statut de salarié offre un confort inégalable, notamment pour les rédacteurs qui n’aiment pas du tout démarcher, ou négocier avec les clients.

Les autres statuts pour les rédacteurs web

Bien sûr, je n’ai pas fait le tour complet du sujet. Les statuts juridiques sont très nombreux, et certains ne me semblent pas forcément très adaptés au métier de rédacteur web :

  • L’entreprise individuelle : plutôt adressée aux professionnels qui investissent de l’argent dans leur entreprise, et qui ont énormément de charges (ce qui, reconnaissons-le, n’est pas du tout le cas du rédacteur web).
  • L’EIRL : très proche de la micro-entreprise, l’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée a l’avantage de protéger vos biens personnels en cas de problème dans votre entreprise. En revanche, les impôts et cotisations sont très élevés (environs 44 % du CA).

Il y a enfin d’autres statuts que je n’ai pas mentionnés, car ils sont moins choisis lorsqu’un rédacteur web débute. Ils trouvent toutefois tout leur intérêt lorsque votre micro-entreprise a fait ses preuves.

En effet, si vous atteignez le seuil maximum de chiffre d’affaire autorisé par le statut d’auto-entrepreneur, vous devrez changer de statut. Il vous faudra fermer votre micro-entreprise et créer une société. EURL, SARL, SA, SAS ou encore SASU, là aussi le choix est vaste. Il est d’autant plus important de bien se renseigner avant de se lancer. Vous l’aurez compris, je n’en suis pas encore à ce stade. Promis, si j’y arrive un jour, je vous ferais un article détaillé de ces différents statuts !

Sachez cependant que rien ne vous empêche de passer directement par la case « société » sans créer de micro-entreprise avant. De nombreux rédacteurs le font, et y trouvent probablement leur compte.

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Le choix du statut juridique du rédacteur web n’est pas si simple, mais il est pourtant primordial. Il n’y a pas de réponse unique. Chacun doit s’adapter à sa situation, ses envies, ses besoins, pour choisir celui qui semble le plus adapté à son activité. En un mot : personne ne peut choisir pour vous. Les avantages du statut de freelance peut en faire rêver plus d’un. D’autres peuvent le craindre. J’en parle d’ailleurs dans ce billet ! Alors comparez bien, et ne vous lancez pas à la va-vite, car de votre décision dépendra toute la gestion de votre activité. Moi j’ai opté pour la micro-entreprise, et j’en suis ravie.

Et vous, quel statut juridique avez-vous choisi ?

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